Communiqué de presse enquête Protime : Près de six employés sur dix sont encore contactés par leur supérieur en dehors des heures de travail
Droit à la déconnexion: trois ans plus tard, les entreprises cherchent encore le bon équilibre entre flexibilité et disponibilité
Namur, 23 mars 2026 – Trois ans après l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion, de nombreuses entreprises peinent encore à trouver le juste équilibre entre flexibilité du travail et respect du temps de repos. Selon une enquête menée par Protime auprès de 1.000 employés belges francophones, près de six employés sur dix (58,3%) sont toujours contactés par leur supérieur en dehors des heures de travail. Parmi eux, plus de deux tiers (67,1%) estiment devoir répondre le plus rapidement possible. “Nous travaillons de manière de plus en plus flexible, ce qui rend plus difficile d'avoir une vision claire des moments où les collaborateurs sont effectivement au travail et de ceux où ils ne le sont pas”, remarque Florent Bovicelli, porte-parole de Protime. “L'enregistrement du temps de travail peut contribuer à protéger les travailleurs contre la surcharge de travail.”
Le 1er avril marquera le troisième anniversaire de la mise en place du droit à la déconnexion. Depuis son entrée en vigueur, le personnel des entreprises comptant plus de vingt employés n'est plus obligé de répondre aux appels téléphoniques, SMS ou courriels reçus en dehors des heures de travail, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
Une récente enquête menée par Protime, leader du marché de l'enregistrement du temps, auprès de 1.000 employés belges francophones, révèle toutefois que de nombreuses entreprises peinent encore à trouver le juste équilibre entre flexibilité et disponibilité. Environ six employés sur dix (58,3%) sont encore contactés par leur supérieur hiérarchique en dehors des heures de travail.
Les contacts se font principalement par appels téléphoniques (52,6%), messages (SMS, WhatsApp - 51,6%), e-mails (37,8%) et chats (20,3%). Plus d'un tiers des répondants (34,6%) est contacté par son supérieur de temps en temps - voire souvent - le soir ou le week-end. Pour 23,7% d'entre eux, cela n'arrive que rarement.
Pourquoi la déconnexion reste-t-elle difficile dans la pratique? "Aujourd’hui, nos modes de travail sont beaucoup plus flexibles qu’auparavant, ce qui entraîne un mélange plus fréquent entre vie professionnelle et vie privée", explique Florent Bovicelli. "Par exemple, plus d’un quart des employés ne disposent plus d’horaires fixes. Lorsque les horaires se chevauchent moins, il devient plus difficile pour les managers de savoir précisément quand leurs collaborateurs travaillent… et quand ils ne travaillent pas. L'enregistrement du temps de travail peut aider les entreprises à mieux connaître le temps réellement presté. Associé à des accords clairs, cet outil permettrait aux organisations de mieux organiser leurs équipes tout en respectant les moments de repos des travailleurs.”
Malgré cela, plus de deux travailleurs sur trois (67,1%) se sentent obligés de répondre rapidement aux appels, messages ou courriels reçus en dehors de leurs heures de travail. Cette pression est plus marquée chez les travailleurs de moins de 35 ans (73,6%) que chez les 35-54 ans (62,4%) et les plus de 55 ans (66,9%). Par ailleurs, dans six cas sur dix (61,3%), les employés estiment que les demandes pour lesquelles ils sont contactés pourraient parfaitement attendre le lendemain.
"Le droit à la déconnexion ne signifie pas que les travailleurs ne peuvent plus recevoir d’e-mails en dehors des heures de travail. En revanche, ils ne doivent subir aucune conséquence négative s’ils choisissent de ne pas y répondre lorsqu’ils ne sont pas en service, souligne Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven. Dans les faits, beaucoup de travailleurs continuent pourtant à se sentir obligés de réagir immédiatement. Les entreprises ont tout intérêt à définir clairement leurs attentes et à établir des accords explicites avec leurs collaborateurs."
Selon l’enquête, seuls quatre répondants sur dix (38,2%) déclarent que leur organisation dispose de directives claires concernant la disponibilité en dehors des heures de travail. À l’inverse, 37,5% affirment qu’aucune règle claire n’existe, tandis que 24,3% ne savent pas si de telles directives sont en place.
"Le droit à la déconnexion ne peut fonctionner réellement que si les organisations définissent clairement les règles en matière de disponibilité en dehors des heures de travail, et disposent d’une bonne visibilité sur les horaires de leurs collaborateurs, ajoute Florent Bovicelli. Lorsque la planification et les horaires sont transparents, les employés peuvent se concentrer pleinement sur leurs tâches pendant leur temps de travail et être plus productifs. Ils peuvent ensuite réellement se déconnecter."
Le droit à la déconnexion n'est pas une mesure vaine
Le droit à la déconnexion est-il pour autant une bonne initiative? Sans aucun doute, selon 86,7% des répondants. Pour près de la moitié d'entre eux (47%), cette mesure a permis de diminuer leur stress professionnel. Plus de six employés sur dix (61,6%) osent désormais poser leurs limites et ne répondent pas forcément à un appel en dehors des heures. 45,4% des répondants affirment qu'ils sont moins souvent dérangés après leur journée de travail. Chez les femmes, ce pourcentage s'élève à 52,7%, contre 38,3% pour les hommes. En outre, le volume de messages et de courriels envoyés après les heures de travail a également diminué respectivement chez 39,2% et 43,7% des répondants.
Appels reçus hors des heures de travail depuis l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion:
- Plus: 11,4%
- Autant: 43,2%
- Moins: 45,4%
E-mails reçus hors des heures de travail depuis l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion:
- Plus: 12,8%
- Autant: 48%
- Moins: 39,2%
Messages (via SMS, WhatsApp…) reçus hors des heures de travail depuis l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion:
- Plus: 11%
- Autant: 45,3%
- Moins: 43,7%
Le professeur Lode Godderis souligne cependant que trouver le bon équilibre reste complexe: “Un horaire de travail clairement défini peut certainement faciliter la déconnexion. Dans la pratique, cependant, la flexibilité souhaitée à la fois par les employeurs et les travailleurs complique souvent les choses. La flexibilité doit fonctionner dans les deux sens : on ne peut pas attendre des employeurs qu’ils se montrent souples en matière de télétravail ou d’aménagements privés, tout en refusant toute flexibilité du côté des travailleurs lorsque cela est nécessaire. Des attentes claires et explicites de part et d’autre sont essentielles. C’est la seule manière de préserver une véritable déconnexion et d’éviter que la flexibilité ne se transforme en disponibilité permanente.”
Méthodologie
L’enquête en ligne a été réalisée entre le 28 janvier et le 9 février 2026 par l’agence iVOX pour le compte de Protime. 1.000 employés belges francophones ont été interrogés. L’enquête est représentative en termes de genre, d’âge et de diplôme. La marge d’erreur maximale est de 3,02%.
À propos de Protime
Protime a été créée en 1995 et se profile aujourd'hui comme un leader du marché de l'enregistrement du temps, de la planification du personnel et du contrôle d’accès. Grâce à un esprit d'innovation permanent, Protime propose des solutions de gestion des ressources humaines à un large éventail de clients et de secteurs d'activité. Protime compte plus de 5.000 installations d’enregistrement du temps en Europe. Durant dix années consécutives, l'entreprise s’est vue couronnée Great Place to Work. Avec 550 collaborateurs majoritairement spécialisés en RH, Protime a l’ambition de continuer à être le “Once in a lifetime employer” pour chaque membre de son personnel.
Pour plus d'information (presse uniquement: merci de ne pas publier):
Wavemakers PR – Emanuel Sys, emanuel@wavemakers.eu, 0486 17 52 65
Communiqué De Presse Protime Enquête Droit À La Déconnexion 23 03 2026
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